J’ai souhaité que tu ne sois pas gai…

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J’ai eu ce raisonnement en regardant les nouvelles alors que je t’allaitais à 4 heures du matin. Les yeux dans la graisse de «bine», avec ton petit corps de 2 semaines de vie. Dans ma tête de maman qui souhaite te protéger de tout le mal du monde, je n’ai pas pu faire autrement que d’avoir cette réflexion qui me déçoit. J’ai eu un choc de constater que l’homophobie pouvait encore être aussi présente. Je pensais que c’était terminé ce temps là où on pendait les sorcières! Et surtout, je ne croyais pas que le fait d’être homosexuel pouvait coûter une vie…

Mon fils, c’est à toi que j’ai pensé en premier puisque je te tenais dans mes bras. Mais je comprends que ce destin pourrait aussi exister pour ma fille. Comme tous les parents de ce monde, je ne souhaite que votre bonheur. Je veux que vous soyez épanouis, que vous aimiez la vie et voir votre sourire plus souvent que vos larmes. Je sais qu’un jour, vous deviendrez grands et indépendants. Que vous ferez des choix que j’accepterai parfois mieux que d’autres. Vos 10 ans de Cégep parce que vous préférez voyager, votre piercing dans le nez, vos cheveux colorés ou encore le premier décolleté ou jeans troué pour la rentrée scolaire… Ce sont des choix qui me feront parfois grogner en tant que maman! Je tenterai surement de vous influencer ou de vous raisonner parce qu’il s’agira justement de choix. Je sais toutefois que votre orientation sexuelle ne sera pas un choix. Elle fera partie de vous, de vos préférences et que votre papa et moi, on s’adaptera peu importe les situations. On vous aimera et acceptera peu importe votre orientation. Que vous aimiez donc les hommes ou les femmes, je n’aurai pas mon mot à dire et je n’essaierai pas de vous influencer peu importe le résultat de vos expériences. Cependant, en regardant les nouvelles de ce massacre, j’ai alors souhaité que vous ne soyez pas homosexuels…

Pas que je ne le tolèrerais pas ou que je sois homophobe, loin de là! Je ne serais pas du genre à vous renier ou à couper les ponts. Vous seriez toujours mes enfants et je vous aimerai toujours d’un amour sincère et profond. Ça ne changerait rien à la vision que j’ai de vous. Je compte faire partie de votre vie, de vos amours, de votre premier appart ou même votre mariage. Peu importe qui vous aimerez et qui vous aimera, l’important sera que l’amour soit vrai et que le respect règne au sein de votre relation. Vous voyez, le problème c’est que ce n’est pas de moi que j’ai peur, mais des autres. Depuis quelques jours, je réalise que l’homosexualité vient encore avec la crainte et la peur. La crainte en tant que maman qu’on vous fasse mal, qu’on vous blesse, qu’on vous insulte ou pire qu’on vous tue. Aucune maman ne souhaite vivre cette douleur que de perdre un enfant. Je ne pourrais tolérer que quelqu’un décide de votre sort parce que vous ne répondez pas à sa vision.

Alors, j’ai eu la triste réflexion d’espérer que vous soyez tous les deux hétéros pour miniser vos risques. Ça m’enlèverait un stress lorsque vous commencerez  à sortir dans les bars ou simplement à avoir une vie sociable. Déjà que je serai angoissée par vos premières brosses, par les agresseurs, les violeurs ou par vos nuits blanches… Je voudrais avoir à ne pas ajouter la peur que vous soyez tabassés ou tués par des imbéciles homophobes. Des homophobes dont je ne pourrai pas vous protéger. C’est d’une tristesse absolue ce qui arrive à Orlando, ça ébranle mon coeur de maman. Car ces personnes décédées, elles étaient toutes les enfants de quelqu’un. Toutes mes pensées aux victimes et aux familles touchées par ce drame, mais aussi à tous les homosexuels pour qui la vie n’est pas toujours facile, même en 2016. 

Je souhaite qu’un jour, l’amour l’emporte sur la haine. Ainsi, l’humain deviendra plus humain…

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