Personnel : vendredi 11, allergique à la vie et un blessé plus tard…

Partager sur facebook
Partager sur pinterest

Il y a des journées où la vie s’acharne sur toi. Tu commences la journée en te disant que ça ira en s’améliorant, et plus ça va, plus tu t’enfonces. Bien que mon côté émotif puisse parfois me faire passer d’heureuse à désespérée assez rapidement, je tente normalement de voir le positif de la vie. C’est un défi que je me donne depuis la naissance d’Olivia, et pour chaque once de tristesse, il y a un moment de bonheur. Mais voilà que vendredi le 11 est arrivé. Une journée où les malchances s’enchaînaient sans trop de raison. Tsé, quand une journée va aussi mal, vaut mieux en rire à la finale!

Mon vendredi dernier a débuté par des tests d’allergie, puisque mes allergies saisonnières sont de plus en plus voraces et contraignantes. J’arrive à l’endroit qui est à l’autre bout de la ville, je me frappe à une secrétaire bête comme ses pieds qui m’indique que, pour le Doc X, je ne suis pas à la bonne place parce qu’il a changé de bureau. Super, moi qui rêvais d’un tour de ville! Une fois arrivée dans la bonne salle d’attente, il restait 2 places. Bon, je vais en prendre une, je ne suis pas antisociale au point de rester debout. Puis vint un homme que je qualifierais de « mastodonte ». Ce n’est pas tant qu’il prenne particulièrement beaucoup de place qui me dérangeait, mais plutôt l’odeur qu’il dégageait et ses petits bruits de bouche… Je ne savais pas qu’il était possible de faire autant de bruit qu’un nouveau-né qui boit avec appétit, et ce, sans boire une goutte, simplement avec les dents dans la bouche et à environ 60 ans. Bref, quand ce fut finalement mon tour, j’ai réagi à, à peu près, tout ce qu’il est possible de réagir. J’entendais le docteur me nommer mes réactions, le bras boursouflé, mais ce que je percevais plutôt c’était « Madame, vous êtes allergique à tout ce qui pousse et qui est vert, alors vivez dans un abri nucléaire, d’avril à novembre, pour votre bien! ». Je suis repartie de cet endroit, ensuite, pour accueillir quelqu’un qui devait travailler sur mes rénovations. Je vous fais une histoire courte de mon expérience : j’avais 2 plinthes posées quand il est arrivé, et 3 heures plus tard, à son départ, j’avais -2 plinthes puisqu’il les avait arrachées, et en plus, 5 autres brisées. On était donc à -7 plinthes. Bon, je n’étais définitivement pas la seule à avoir une mauvaise journée. Je n’arrive toutefois pas à savoir si c’est le menuisier ou les plinthes qui remportent la palme.  J’ai finalement abandonné le projet en le laissant entre les mains de mon conjoint, et je suis partie avec mon amie Catherine. On voulait aller chercher Olivia à la garderie et aller au parc avec elle, question de passer un beau moment tout ensemble.

Sur le chemin de la garderie, alors que nous roulions paisiblement, une moto est arrivée en sens inverse et est sortie légèrement de sa trajectoire pour déraper. On a alors vu le conducteur de ladite moto être projeté au sol. Après quelques tours sur lui-même et plusieurs mètres plus loin, il a terminé sa route sur le dos pour ne plus bouger du tout. La moto d’un bord, l’homme de l’autre, on capotait. On s’entend, ni l’une ni l’autre nous n’avions comme ambition de devenir infirmière, médecin, ambulancière, ou tout ce qui procure de l’adrénaline et fait voir du sang finalement. Et je ne veux jamais devenir infirmière, c’est officiel. J’ai stationné mon auto afin de bloquer les autres véhicules, puisque le monsieur était encore sur le sol du boulevard, à l’heure de pointe, et qu’il ne bougeait pas vraiment. À vrai dire, le gars, il saignait, et il ne se souvenait même plus de son accident. Il était pas mal ce que je qualifierais de semi-conscient, dans la voie de gauche, et malheureusement bien placé pour se faire écraser par un Dodge Ram qui chaufferait en colon (toujours la faute des Dodge Ram!). On a téléphoné à la police, et l’ambulance et d’autres personnes se sont jointes à nous pour créer un périmètre de sécurité autour de lui. Il y a les curieux qui ralentissent dangereusement juste pour voir un peu de sang pis ceux qui sont utiles. Genre, un pompier en congé. Oui, on aime les pompiers en congé sur un accident quand on n’a aucune compétence autre que de désinfecter une plaie à l’eau pis du savon et d’y mettre un « plaster ». C’est ça mes talents. Ah, ça et les « becké bobo »… Je me suis dit que dans les circonstances, le « becké bobo » serait plutôt inapproprié. Bref, quand d’autres personnes s’en sont mêlées, manifestement plus compétentes que nous (pas difficile à battre!), nous sommes restées dans le véhicule attachées. On me l’avait dit un jour : quand tu dois arrêter en char à un endroit où ça roule vite, tu restes en dedans pis attaché. Pourquoi? Parce qu’il semblerait que si tu sors, tu as plus de chances d’être en danger et de te faire écraser par ton propre véhicule. Feck, nous sommes restées attachées dans l’auto et nous avons prié pour qu’il n’y ait pas un imbécile qui nous rentre dedans. Parce qu’on va se le dire, on était pas mal dans le milieu d’un boulevard et stationnées en diagonale. Une dizaine de minutes plus tard, ambulanciers et policiers sont enfin arrivés. Nous étions donc libres de quitter les lieux pour aller chercher Olivia. Alors, les deux nerveuses et tremblantes, nous avons repris la route en nous disant qu’on aurait une belle anecdote à ajouter à nos anecdotes de vie, mais que dans la catégorie « accident avec blessé », on pouvait conclure la liste avec celui-ci et que ce serait assez. Comme on avait déjà eu un « accident sans blessé » en Albanie… hein Catherine?

On arrive finalement à la garderie, pas mal plus tard que prévu. Olivia était bien énervée de nous voir, et la gardienne devait me trouver blême comme un drap. J’ai dit que je ne voulais pas être infirmière déjà?! On part pour aller au parc, car c’était ça le planning officiel. Pour faire changement, je dis à Olivia « Maman va te montrer un nouveau parc, tu vas voir, il est super beau! ». On arrive au parc, et on marche un bon bout, parce que le parc de maman, il est au fin fond du bois. Puis, malheur, le parc n’est juste pas là. Comment peut-on faire disparaître un parc? Ça l’air qu’à L’Ancienne-Lorette, ils ont cette compétence! On se rend compte que tout est en rénovation, et on ne voit plus un seul jeu. Je dis alors à Olivia qu’on va aller à notre parc habituel… et devinez qui me fait une crise du bacon parce qu’elle veut le parc? Je veux bien fille, mais je ne sais pas si tu vois un parc, mais moi non. Une fois l’épopée du parc passée, on a décidé d’aller souper entre amies. On a laissé Olivia à mon chum et on est allé manger. La terrasse était accueillante, il faisait beau soleil, alors on s’est assises. On a commandé, et on s’est dit que notre journée de crotte se terminait enfin. Une fois nos drinks arrivés, on s’est par contre rendu compte que tout le monde sur la terrasse semblait se connaître. On n’en a pas fait un cas, mais on se faisait cracher dans la face de la fumée de cigarette en permanence, et on dirait qu’il n’y avait pas une seconde de la soirée sans que quelqu’un s’en allume une. Puis, ça parlait fort, ça riait, ça bougeait et ça faisait des jokes grasses bien fort. Deux barbus sont finalement embarqués sur la scène. Le genre de gars que tu te dis « Eux, ils ne nous joueront pas du Cat Stevens ». La foule de la terrasse s’est alors enflammée (manifestement des amis des deux poilus), et un mélange de vieux rock de poilus a commencé. Je dirais poliment que Catherine et moi, on n’est pas très groupies des chansons qui sonnent… comme le bruit d’un vomi de chat!

Voilà, c’était vendredi le 11. D’ailleurs, sans blaguer, si quelqu’un connait le gars qui s’est planté en moto sur Hamel et que vous savez s’il va bien, j”aimerais savoir ce qui lui est arrivé. Simplement m’envoyer un petit message pour me le dire.

La seule photo conservée de mon vendredi 11 (Merci Catherine!). Ça prenait bien un brin de folie pour combler les manques de joie de cette journée!

Blog348

Plus
d'articles