Photographe débutant: Être payé, mais quand?

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En regardant mes courriels aujourd’hui, j’ai lu une question de la part d’une étudiante en photographie que je trouvais fort pertinente. Croyant qu’il s’agit d’une question qui en intéresse probablement plus qu’un, je trouvais important de vous partager mes réflexions. Bien que cette question soit très subjective, j’irai au meilleur de ma connaissance et exprimant ce que moi je pense. Il se pourrait que d’autres photographes ne vous disent pas la même chose. Mais j’imagine que la raison pour laquelle on me pose des questions est pour avoir ma manière de voir le métier. Voici donc une question simple, mais au complexe à la fois: Quand doit-on commencer à charger un tarif?
On peut débuter de plusieurs manières en photographie. Certains sont des photographes amateurs qui en font à temps partiel avec un emploi principal autre, d’autres sont étudiants en photographie, il y a aussi les étudiants en graphisme et en arts qui développent leur talent en photographie. Il n’y a pas de meilleure façon, chacun fait son chemin et c’est la beauté de la chose. Un graphiste ne pratiquera pas la photographie comme quelqu’un qui a étudié en arts plastiques ou en photographie. Pourquoi? Car les fondements de leurs études ne seront pas les mêmes. Il y aura probablement plus de chances que le graphiste de formation adore la retouche et les traitements graphiques, celui en arts plastiques se dirigera peut-être plus vers l’abstrait, l’artistique, le garagiste de formation prendra peut-être uniquement des voitures en photo. La photographie est orientée selon nos intérêts et c’est ce qui fait la si belle variété. Au-delà des études, il y a les premières séances photo. Parfois improvisées avec une amie, parfois du paysage… Encore là, tous les photographes ont leurs préférences et ce, même dès leurs premiers balbutiements.
Lorsqu’on débute en portrait (car c’est ce que je connais), on débute souvent en photographiant nos proches. Nos amis, notre famille ou encore des personnes qui étudient avec nous. Mes premières séances photo ont été dans le cadre de mon emploi dans le studio de photographie où je travaillais quand j’étais au Cégep et dans mes cours de photographie. Le bon côté de cette expérience, c’est que ça m’a permis d’accroitre mon niveau de confiance sans que mon nom n’y soit jamais associé. Ce qui est moins plaisant, c’est que mes premiers clients payaient le même prix que les autres, mais avaient le droit à une photographe inexpérimentée.  Ils n’ont probablement pas eut un service exceptionnel, car quand on commence, on est jamais optimal. Si vous commencez et croyez être à votre maximum, vous vous trompez grandement. À travers ce travail, je photographiais aussi mes amies dans le cadre de mes études. Je ne leur chargeais rien à ce moment. Pourquoi? Car c’était mes tests et que je manquais d’expérience. Le modèle était donc à ma disposition pour que je puisses tester ce que bon me semblait pour me pratiquer. Je trouve que c’est une nuance très très importante quand on débute. Quand vous offrez vos services gratuitement, faites des séances «égoïstes» qui seront utiles pour vous. Ça sonne bizarre dit comme ça, mais la seule et unique raison pour laquelle ces gens ne paient pas vos services c’est parce que oui, vous manquez d’expérience, mais aussi car c’est vous qui choisissez ce que vous voulez faire avec le modèle. Il n’est pas un client, il ne décide pas ce que vous voulez faire. Oui, il peut vous faire des suggestions, mais l’expérience doit être enrichissante pour vous. Testez la lumière, votre appareil, les poses, mais en aucun cas vous ne faites une séance parce qu’on vous l’a demandé. Si le modèle dirige, c’est une séance payante. Vous seul connaissez vos lacunes et vos manques. Ne travaillez pas vos forces, mais bien vos faiblesses lors d’une séance gratuite. Si vous ne faites que faire des séances avec vos forces, votre expérience ne sera pas aussi pertinente et vous ferez toujours les mêmes erreurs. De plus, vaut mieux se planter avec une séance gratuite qu’une séance payante. Donc, lorsqu’une séance vous permet de corriger certaines lacunes ou de tester des choses que vous n’avez jamais fait, elle est gratuite en autant que ce soit vous qui dirige tout. Quand je dis diriger, je parle de choisir son modèle, la date de la séance, le style de vêtements, le lieu… Vous faites une séance pour vous. Ce n’est pas parce qu’un ami vous dira «j’aimerais avoir une séance photo gratuite» qu’il faut sauter sur l’occasion. Au contraire, un service gratuit attire déjà beaucoup de gens. C’est à vous de piger. Ce sera à vous de déterminer quand vous en ferez une et pas parce qu’on vous l’aura demandé. Un petit truc, délimitez dès le départ ce que le modèle aura en échange… Une, deux, trois photos? Un contrat c’est encore mieux. De sorte à ce que l’échange soit intéressant pour les deux parties, mais aussi que le modèle ne décide pas qu’il pouvait avoir toutes les photos gratuitement. Si il en veut plus, il paiera. Si vous jugez que votre travail n’est pas optimal, n’en vendez pas ce ne sera que de la mauvaise publicité.
À partir du moment où un modèle dirige une séance ou décide ce que vous ferez pour lui, c’est à ce moment qu’il faut charger. À partir de l’instant où quelqu’un veut que ce soit vous son photographe et pas un autre, vous chargez. Au même titre que vous ne pouvez offrir vos services aux mêmes personnes continuellement. Personnellement, j’avais comme règle qu’au bout de 1 ou 2 séances gratuites, je ne faisais plus de photographies avec une même personne et ce, même si il s’agissait d’une amie. De cette manière, ça évitait qu’un ami créé une dépendance à la gratuité et m’appelle uniquement pour avoir une séance photo. C’est aussi une façon de se faire respecter et il est important que votre entourage comprenne qu’un jour vos services seront payants. Sinon, vous serez toujours celui qui offre des séances gratuites et croyez-moi vous ne voulez pas être cette personne. C’est donc pour cette raison que je vous conseille de faire vos tests avec des personnes différentes et éviter de toujours choisir la même personne. Ça vous aidera à connaître différentes morphologies, car en pratiquant toujours avec la même personne, on développe des réflexes pour cette seule et unique personne. Évidemment, j’ai encore aujourd’hui des amis proches qui ont droits à de légers rabais et il m’arrive encore de faire des séances gratuites pour tester. Dans une année, je dois faire environ 7-8 séances gratuites. Ce sont des séances où je choisis mon modèle, le lieu, le style et où je test des nouveautés. C’est une manière de me faire un cadeau en développant un environnement qui sort uniquement de mon imagination.
Une autre bonne façon de savoir qu’il est temps de charger est lorsque vous êtes rendus à photographier les amis de vos amis. Lorsque votre cercle de clients n’est plus constitué de gens qui sont des amis proches. Ces gens prennent pour acquis qu’ils devront payer, ils ne sont pas vos amis et le savent. C’est le temps de charger, l’occasion est en or. Évidemment, c’est faux de dire que vous chargerez des millions en commençant. Peut-être même que vous ne chargerez jamais des millions on s’entend. Le prix que vous chargerez sera habituellement proportionnel à la qualité que vous vendez. À toutes les fois que vous verrez que vous avez de plus en plus de clients, c’est le temps d’augmenter.
Que vous ayez des questions ou des sujets de blog qui vous intéresseraient, n’hésitez pas à me faire vos suggestions par courriel à photo@sarahtailleur.com
En espérant que cet article t’aura aidé Mélissa!
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Voici une photographie prise il y a environ 3 ans dans le cadre de test de lumière hors studio.
 

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