Photographe: Parce qu’on débute tous à quelque part…

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Être photographe professionnel est un métier qui s’apprend à force d’expérience et de recherche. On peut décider de se plaire à la médiocrité, de sorte à ne jamais chercher à améliorer notre style, d’en faire qu’un passe-temps. Comme on peut décider que chaque séance photo est une façon d’apprendre quelque chose de nouveau et de s’efforcer à toujours être à l’affût d’amélioration. Quand on s’y consacre à 100%, c’est parfois un peu fou l’expérience et la qualité photographique qu’on peut aller chercher et parfois en très peu de temps si c’est ce que l’on désire. L’erreur est plutôt de plafonner en se pensant au maximum de notre style. En fait, la journée où vous penserez que vous êtes au mieux de ce que vous pouvez faire, que vous connaissez tout en photographie… C’est cette journée que vous commencerez votre chute. Hier, alors que j’étais sur mon vieil ordinateur, je suis retombée sur des clichés qui datent désormais de mes débuts au Cégep. Il y a déjà quoi? 6-7 ans? Ouff, ça passe tellement vite! Bref, en regardant ces clichés, je me suis rapidement aperçue de tout le chemin que j’avais fait et surtout de comment on peut s’améliorer quand on le veut vraiment.
Probablement vendu autour de 80$ pour une séance d’une heure et une trentaine de photos ou encore gratuitement avec des amies, voilà ce qu’était ma passion à l’époque. J’y voyais une aubaine, 80$ pour prendre des photos, je pouvais sortir dans au moins 2 bars avec ça. Je vivais chez mes parents, j’avais un autre travail à temps partiel, je voyageais en autobus… C’était de l’argent facile! Et oui, il n’y a pas seulement le style, mais aussi les priorités qui changent! Je faisais partie de ces photographes amateurs que les photographes professionnels aiment détester à coup de «ils volent nos client» ou encore «c’est des prix ridicules!». Et vous savez quoi? Mes photographies de l’époque ne valaient pas bien plus que ça en réalité. J’aurais été voleuse de charger 300$ pour ce que j’offrais, car c’était techniquement souvent très peu professionnel. Est-ce que je volais la job d’un professionnel? Je ne crois pas non plus, car ma qualité était loin de celle des professionnels. Je crois fermement que si un professionnel accorde son échec aux amateurs, c’est qu’il est probablement quelqu’un avec une qualité d’amateur. Le boulot du professionnel est d’offrir des photographies différentes, uniques et au-delà de ce qu’on voit partout. Les gens ne me payaient pas pour mon talent, mais pour avoir des photos peu dispendieuses. C’était ça la réalité de mes débuts. Très peu jetset. Aujourd’hui, la photographie dans ma vie a un tout autre mandat. Je veux en vivre avec un salaire qui me permettra de payer l’épicerie, de m’habiller, de payer l’hypothèque, ma voiture, bien vivre avec ma famille, voyager une fois de temps en temps… Le 80$ pour 2 bars n’est plus réaliste de mes besoins (on sait bien maintenant je sors tellement peu souvent que je dépense en moyenne 200$ par soir)… Sans blague! C’est plutôt que le temps et l’expérience que je mettais sur mes photos n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, ma technique s’est affinée, le matériel que j’utilise aussi et les dépenses reliées à ma pratique ont aussi grandement changé. Ma prise de vue plus professionnelle, ma retouche plus sophistiquée, ma manière d’aborder les gens et de les mettre à l’aise plus assumée. On paie aussi pour mon expérience, mon style et parce qu’on recherche une certaine qualité. Ce que je vendais 80$ est désormais aux alentours de 400$+tx. Pas que je sois une profiteuse, mais simplement parce que j’ai acquéri un bagage avec le temps. J’ai évidemment aussi plus de dépenses, plus de matériel informatique et photographique, un studio à moi, des assurances professionnelles, un site Web, des promotions, de la publicité et des années d’expérience qui influencent ce que je livre aujourd’hui. D’ailleurs, quand je regarde ces photographies, je serais incapable aujourd’hui de les livrer telles quelles sont. Des erreurs techniques flagrantes, des flous, des surexpositions, des lissages de peau horrible… Mais j’apprenais et je ne me proclamais pas photographe professionnelle. C’était le moment pour faire des erreurs et des tests!
C’est facile de se plaindre des amateurs, mais qui ne l’a jamais été? Je ne connais aucun photographe qui a débuté en réalisant des clichés sensationnels. D’un autre côté, lorsque vous payez un photographe professionnel, vous payez aussi pour son parcours et son expérience. Cette manière de savoir vous avantager, vous guider, vous retoucher, vous suggérer et vous conseiller. C’est aussi ça la différence entre la photographe que j’étais et celle d’aujourd’hui. Je sais très bien que je suis mieux armée pour affronter un lot de situations problématiques pendant une séance que ce soit un changement rapide de lumière, un réajustement imprévu, réussir à faire sourire un enfant qu’on croyait perdu d’avance, retoucher un double menton qui gâche une photo… Bref, je sais que l’expérience que je livre, mais aussi le résultat a bien évolué. Alors, pour encourager tous ces amateurs qui rêvent d’une carrière en photographie, voici mes débuts à moi!
Des essais en argentique et développement par moi-même en chambre noire, des heures de plaisir!Blog205
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