Photographie de maternité : quand l’hôpital est de la partie!

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Karyne m’a contacté il y a quelques mois déjà afin de réserver sa séance photo pour immortaliser sa grossesse. Déjà à 18 semaines de grossesse, elle avait attendu à la dernière minute pour réserver de peur qu’il arrive quelque chose à son bébé. Des amies à elle étaient venues se faire photographier et elle désirait tant pouvoir s’offrir aussi mes services. Bref, sans entrer dans les détails, puisque mon rôle n’est évidemment pas de vous dévoiler la vie privée de ce couple, je dirais simplement que cette grossesse, il la méritait (plus que) vraiment. Cependant, elle ne fut pas sans embûches et elle devait finalement se conclure à l’hôpital jusqu’à l’accouchement pour éviter les risques autant pour la maman que pour le bébé à venir.

Lorsque Karyne m’a réécrit pour annuler sa séance à cause de son hospitalisation, j’étais déçue pour elle. Je me disais que c’était triste de mettre de côté les souvenirs de sa grossesse, de son petit bébé miracle, de cette parcelle de sa vie. Alors, comprenant sa déception, je lui ai offert de venir réaliser sa séance à l’hôpital si elle obtenait les accords de l’administration. Si elle ne pouvait venir à moi, j’irais à elle, aussi simple que ça! Après tout, tout ce dont j’ai besoin pour créer, c’est d’avoir des modèles à photographier, et il semblait que j’en avais! C’est avec plaisir et un brin de soulagement qu’elle me répondit à la positive. Elle était heureuse que je lui offre cette option pour qu’elle puisse obtenir des souvenirs de cette grossesse. Alors, elle devait me tenir au courant de l’évolution de sa grossesse, si bébé se pointait avant, elle devait me le dire afin que je sache si je devais ou non me présenter pour la séance. Une chance, ce ne fut pas le cas, et nous avons pu réaliser la séance photo à presque 36 semaines de grossesse!

Arrivée à l’hôpital avec mon équipement, étage de l’obstétrique, nous réalisons que la salle que nous avions demandé de louer était finalement prise pour une formation d’infirmières. Résultat, l’immense salle avec un mur orange, un mur couleur crème et une immense fenêtre n’était plus celle que nous pouvions utiliser. Évidemment, nous n’étions pas très bien placées pour faire valoir notre point, il fallait nous déménager. Nous sommes finalement atterries dans une salle de recherches, de ce que j’en ai compris. Une toute petite salle, peut-être de 2,5 mètres par 3 mètres, et probablement trois fois moins grande que l’autre… Pour tout vous dire, on entrait à peine avec la table de conférence et les chaises déjà présentes! Au diable les murs colorés, c’était désormais un tout petit mur jaune qui nous attendait entre un tableau blanc (pas assez gros pour servir) et une colonne. Karyne était déçue, ça se sentait et se voyait dans son visage. Toutefois, il fallait lui rappeler que peu importe où on était, j’étais là pour lui faire de belles photos, point. On apprend à lâcher prise comme elle le disait! Le stress était manifestement inutile, et non souhaitable dans son cas. Elle se leva donc de son fauteuil roulant pour réaliser les clichés avec son amoureux. J’ai ainsi pu réaliser une série de photographies et j’ai même utilisé une porte bourgogne comme fond. Comme quoi, quand on est créatif, il n’y a pas de limites!

En toute franchise, les conditions générales d’un hôpital pour un photographe sont assez difficiles. Première chose, il y a des dominantes de couleur partout, partout, partout… Qu’ils soient jaunes ou verts, les murs offrent des teintes qui avantagent rarement le teint. Alors, on a l’air soit malade en permanence ou ultra jaune, c’est vraiment sympa et agréable pour un photographe (NOT). Deuxième chose, la lumière est réellement peu présente. Les fenêtres sont rares et quand il y en a, elles n’offrent pas nécessairement de lumière comme elles sont parfois collées contre une autre bâtisse ou trop petites pour faire quoi que ce soit. Troisième chose, on s’avouera que nos hôpitaux ne suivent pas tellement des émissions comme « Décore ta vie » ou encore « Ma maison Rona ». Et à voir les récents téléviseurs dans les chambres, j’ai compris pourquoi ils ne pouvaient pas s’informer un brin sur les tendances (1970 bonjour!). L’endroit est sombre, les fenêtres sont petites, l’équipement plutôt usé. D’ailleurs, pour les photographies dans la chambre, j’ai dû faire des pieds et des mains techniquement pour obtenir assez de lumière.

Malgré tout, je suis très heureuse de l’avoir fait. Je sais que pour cette future maman, ça a mis un petit baume sur sa fin de grossesse qui n’allait pas comme elle pensait que ce serait et que ça lui a aussi permis l’espace d’un moment de sortir de son quotidien d’hôpital. Des murs qui rendent malades, de la bouffe qui goûte l’hôpital et de l’ambiance générale. Alors, à ce magnifique couple que je reverrai bientôt avec bébé, je vous souhaite tout le bonheur du monde avec votre petit amour. MAIS surtout de la santé pour les 10 prochaines années à venir. Minimum!



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