Vie de maman : Quand on n’y arrive plus…

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Olivia est rentrée de la garderie depuis environ 5 minutes qu’elle est déjà en position « bacon » sur le sol à lancer son chapeau d’un côté et à arracher ses sandales de l’autre. Je m’efforce d’ignorer ce qui vient de se passer et de lui offrir mon plus beau sourire, de m’accroupir pour lui demander comment a été sa journée. Je le sais, elle me répondra une phrase que je ne comprendrai absolument pas, mais je ferai semblant de comprendre et de lui dire que je suis heureuse que sa journée se soit bien passée. Parce que c’est le cas, à la garderie, elle est un ange.

Voilà que ce petit ange de presque 21 mois se transforme en démon quand il rentre à la maison. Malgré tout le bonheur du monde de la revoir, la bande sonore de la maison devient des pleurs constants. Des chants de plaintes et de lamentations sans trop de raisons apparentes. À coup de « NON! » ou encore de « PAS LÀ! », on saisit vite qu’elle a compris le sens de la négation. Elle fronce les sourcils, donne des tapes une fois de temps en temps, et se tortille quand on la prend dans nos bras jusqu’à se laisser tomber par terre. Son père et moi nous échangeons quelques regards de « Bon, ça va encore être une “belle” soirée avec elle. ». On va se baigner, on joue dans l’eau, on prépare le souper, on s’installe pour souper… La baignade permet d’occuper une demi-heure de sa vie avec le sourire, alors on l’étire au maximum jusqu’à ce qu’on grelotte. Mais à partir du moment où on la sort de l’eau : adieu bonne humeur! La crise, puis une autre, une autre et une autre… Jusqu’au coucher! On rentre à l’intérieur, car on sent bien que le quartier au complet nous entend. La porte-fenêtre est ouverte, il fait chaud, on veut un peu d’air. Les voisins qui soupaient alors dehors se lèvent et rentrent discrètement à l’intérieur. Manifestement, ils sont écoeurés d’entendre ma fille brailler. Sincèrement, si c’était la fille de ma voisine qui pleurait autant, je la soupçonnerais de battre son enfant tellement c’est de manière continue. Alors, je ferme les portes et les fenêtres. Je me sens mal à l’aise et j’ai envie de sortir crier que je ne lui ai rien fait. On s’enferme dans la chaleur et dans notre cacophonie. On est « à bout », on la regarde crier, car en réalité, on ne se sait plus réellement quoi faire ou comment la prendre. On nous dit de persévérer, mais on persévère dans quoi? Dans l’ignorance de ses gestes, dans les punitions qui ne mènent à aucun résultat, dans le petit coin, dans les « pas de dessert », dans les explications qu’elle ne comprend manifestement pas? Son assiette fracasse officiellement le sol et sa chaise est désormais tombée sur le côté. Je n’ai aucune idée de comment elle a fait ça, mais je sais qu’elle l’a fait. Elle termine le repas sur son père à manger dans son assiette. On se demande naïvement si on fait bien, on le sait qu’on ne devrait pas la laisser faire, mais cette minute de paix, après 28 confrontations infructueuses, et surtout ce silence, vaut tout l’or du monde à nos yeux. On se tait et on a hâte à l’heure du coucher. Et demain? Ça sera pareil.

Je vous le dis en toute franchise, je n’ai jamais cru être une mère exemplaire ou modèle depuis sa naissance. J’étais et je suis une mère, point. Je me débrouille comme je le sens et le peux. Je donne le meilleur de ce que je pense pouvoir lui offrir. Je suis en apprentissage après tout, toutes ses phases sont aussi nouvelles pour elle que pour moi. Pourtant, c’est depuis peu que je ne me suis jamais aussi peu sentie en contrôle de la situation. J’ai l’impression de vivre avec une bombe à retardement, toujours prête à exploser. Toujours de mauvaise humeur. D’être la mère qui intervient trop ou pas assez et qui ne sait pas vraiment quand elle le doit. C’est ça, le « terrible two »?

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