Vie professionnelle: Après la tempête

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Les 2 dernières années ont été difficiles. Qui que vous soyez, je suis à peu près certaine que vous avez vécu des deuils, des déceptions ou des peines. La pandémie a mis en lumière une tonne de problématiques: La solitude des aînés, les emplois précaires, linstitutionnalisation de l’enfance, la violence conjugale, les couples chambardants, la face cachée de la politique et j’en passe. Les médias sociaux sont devenus violents et agressifs. Les gens sont divisés. Dernièrement, j’ai ressenti le besoin de prendre un peu de recul pour mieux me comprendre et visualiser les impacts de la pandémie sur ma propre vie.

Photographe non-essentielle et maman plus qu’essentielle

Du jour au lendemain, je suis devenue une «non-essentielle». Une magnifique de 26 semaines dans le bedon et 2 enfants à la maison. Je suis passée d’une travailleuse en demande à une photographe enceinte et inquiète en pause. C’est fou quand on y pense, on a vraiment été classé. Je suis une «non-essentielle». Ça fait mal quand on sait que les besoins de ma famille eux, ils sont essentiels. C’est à ce moment que j’ai apprise que sur une île déserte, j’étais classée inutile. Ramasse les écrans, enseignante à la maison je suis devenue. Les problèmes financiers et la santé mentale passeront en dernier, y’a des feux à éteindre!

Une tempête de deux ans

En 2019, je voguais sur un bateau de vie assez stable. Depuis 2020, je me sens plutôt sur un voilier dans une tempête à tenir toutes les parties pour ne pas sombrer dans la mer. Tenant serré le mât da la santé familiale, mentale et financière, de ma carrière, des entreprises que j’accompagne de l’éducation de mes enfants. À toutes les fois que j’avais espoir d’un ciel clair, une autre vague de pointait dans le décor. Minant l’humeur et augmentant la charge mentale de ma tête déjà trop pleine. À chaque impact, j’ai tenté d’accomplir mon maximum. J’ai accouchée en mode pandémique, vécu une période post-partum en isolement, été hospitalisée pour des problèmes de santé et soigné bien des bobos de la progéniture. J’ai tenté de garder le cap et ne pas trop dévier de ma destination qu’était celle du bonheur. Il faut dire qu’avant tout ça, je considérais l’avoir atteint. La pandémie, elle m’a éloignée dans le large. Mon corps, mon coeur et ma tête se sont tellement battus forts. Ils me laissent aujourd’hui avec un lâcher prise que je n’avais pas, mais aussi un besoin immédiat de calme et de temps. J’ai besoin de me ressourcer. J’ai besoin de réparer mon voilier et de voguer sur des eaux tranquilles pour quelques temps. Le ciel bleu et le soleil me font du bien, je n’ai pas envie de rentrer à vitesse folle dans la prochaine tempête.

La santé mentale après la pandémie

Pour une femme avec un trouble d’anxiété généralisé, je crois avoir sincèrement bien gérer la chose. C’est un peu étrange, mais je suis tellement habituée à me faire les pires scénarios que quand ils arrivent, je suis souvent en mode attaque. Prête à tout accomplir. C’est même une qualité d’entrepreneure. Avant de débuter un projet, je connais déjà tous les problèmes possibles et j’ai les solutions en poche. Mon mode survie est si souvent présent dans mon esprit qu’il n’est jamais trop loin en cas de danger réel. Cependant, j’ai l’impression d’avoir vécu sur mes réserves. D’avoir vidé mes batteries. Ce n’est pas triste de le constater, au contraire, combien de personnes n’oseront pas le dire et ne prendront pas de décisions pour aller mieux? Ce qui me redonne de la force, c’est mon amoureux, mes enfants, le temps, ma famille et de choisir mes mandats professionnels pour être heureuse. De rouler, mais moins vite!

Restructuration professionnelle: Consultation marketing vs Photographe professionnelle

Pendant la pandémie, je me suis investie auprès de plusieurs entreprises à titre de consultante marketing. Des services que j’offrais déjà avant que tout s’arrête. Ma carrière de photographe a été sur pause puisque non-essentielle ou parce qu’il y avait trop d’annulations COVID. Il y a même un moment où j’ai cru que ce serait la fin de l’indépendance pour aller rejoindre la sécurité d’emploi. Que je deviendrais directrice marketing quelque part plutôt que d’être ma propre boss. J’ai eu quelques offres d’emploi de gestionnaire ou en direction et les discussions qui venaient avec. Bien qu’elles furent sincèrement considérées et que je sois très touchée par la confiance qu’on m’accorde, je n’étais pas prête. La panique m’envahissait à l’idée de ne plus être maître de ma carrière à 33 ans. J’ai tellement besoin de diriger, d’être «boss» et d’indépendance, de choisir quand je performe, que je deviens un oiseau bien difficile à mettre en cage. Je n’ai pas été facile à suivre, même moi je me suis parfois perdue entre mes désirs et mes envies de faire plaisir. Mon conjoint (un employé modèle) ne comprenait pas cette envie de liberté alors qu’il y voyait des offres en or. Je me suis sentie dépassée. J’ai eu besoin de m’éloigner et de réfléchir.

Aujourd’hui, je sais que mon bonheur n’est pas au sein d’une entreprise. Je ne regrette pas ces refus puisqu’ils m’ont aussi permis de me comprendre. C’est une décision que j’ai prise pour personne d’autre que moi. Pas pour les finances familiales, pas pour le bonheur d’une entreprise, ni même pour me donner l’impression de vivre la grosse vie. Je suis à mon compte depuis mes 19 ans, je sais qu’il n’y a pas un seul montant qui rend heureux s’il est pour sacrifier temps et vie. Aucun salaire, peu importe le nombre de zéro, ne peut vous offrir le bonheur. C’est une promesse qui ne tient pas. Si tu n’as plus le temps de jouer avec tes enfants, si tu as la tête pleine et l’esprit préoccupé. À toujours penser à ton prochain bon coup professionnel. Tu es à côté de ta vie. C’est ce que notre éducation nous apprend à désirer, mais c’est quand on l’atteint qu’on sent que c’est vide ce rendement fou. J’ai tellement tout ce dont j’ai besoin autour de moi pour ne pas être de celles qu’on séduit avec un chèque de paie. J’ai des ami.e.s exceptionnel.le.s, un amoureux incroyable et une famille colorée.

Dans ce besoin de restructuration, j’ai décidé de ne pas renouveler ou de mettre en pause certains mandats que j’avais depuis plusieurs années. Laissant voler des projets que j’avais pris sous mon aile. Des projets que j’aimais corps et âme. D’autres sont aussi arrivés quand je m’y attendais pas et que je n’en cherchais pas, comme celui de Marie fil par exemple. Un projet qui rejoignait tellement mes valeurs. À travers tout ça, mon amour de photographie et les rencontres sont de retour. Je m’ennuyais tellement de mes «réguliers», les enfants sont devenus si grands en 2 ans.

Ce que je me souhaite dans les prochaines années

Je me souhaite de me choisir. D’être capable de prendre des décisions qui sont uniquement basées sur ces questions «Comment je me sens?» et «Comment je me sentirai avec ces mandats?». Je veux aussi créer plus de lien avec des petites entreprises, travailler directement avec un.e propriétaire passionné.e. J’ai le talent des grandes entreprises, je l’ai prouvé, mais je préfère les ambitions des petites entreprises qui souhaitent souvent juste nourrir leur famille et être heureux. Des entreprises qui considèrent l’humain avant le profit. Parce que je le sais maintenant, quand on fait du marketing de coeur, on arrive à des résultats incroyables!

Mon histoire est loin d’être unique. Nous sommes probablement des millions de personnes à ramasser les dégâts des deux dernières années. À tenter de faire le ménage du mieux qu’on peut pour se redonner une raison d’aimer la vie. Et vous, comment allez-vous?

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