Relation amour/haine avec mon horaire 

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Trop vide ou trop plein… Il y a toujours quelque chose qui cloche avec mon horaire. C’est l’histoire perpétuelle de ma carrière. L’air de rien, j’ai même développé d’autres talents pour m’assurer une stabilité. La peur du néant, du vide ou de l’oubli. Bien oui, je suis assez franche pour en parler!

Photographe en déclin?

Ce blanc dans mon horaire me fait peur. Il est symbole d’un amour que j’aurais perdu. Il peut signifier mon déclin? Un manque d’appréciation? Mon esprit tourmenté ne peut le tolérer ce vide ou l’apprécier. J’ai tellement passé ma carrière à avoir peur de la décroissance. D’être la photographe dont le style vieillit trop vite. Ce serait si simple pourtant d’en profiter pour souffler. Je passe ma vie à courir! Ces cases incomblées sont pourtant ma hantise, il faut les remplir! Mon adjointe doit me rassurer tous les ans :

« Tu sais Sarah, septembre book toujours en corporatif dernière minute. Tu auras un gros mois comme tous les ans! »

Le pire? C’est qu’elle a entièrement raison! Elle qui connaît mieux que personne mes habitudes et mes craintes. Mes doutes et mes angoisses. Je passe toujours du trop vide au trop plein. Un claquement de doigts et voilà! Ça ne prend pas 2 semaines pour que j’angoisse désormais sur les livrables. Ça ne se peut pas de booker autant! C’est inhumain de faire tout ça! 

La boulimie du pigiste

La vie de pigiste est souvent une relation de boulimie avec la job. On se gave tellement qu’on finit par avoir envie de vomir. Une fois l’estomac vide, soudainement on pense qu’on ne mangera plus jamais. Alors, on recommence sans cesse. Comme si quelques jours off devenaient une année sabbatique. Au final, on manque de temps tellement nos bras sont remplis!

Reste qu’après plus de 13 ans à mon compte, je devrais finir par comprendre le mécanisme? Tous les classiques y sont, années après années.

Les saisons du photographe

D’abord, il y a les mois hivernaux. Le festival du report et des annulations. Les Fêtes ont été dures, le porte-feuille comme les enfants sont malades. Chaque année, je me demande pourquoi je n’ai pas fermé pour l’hiver. TOUS LES ANS. 

Arrive le printemps. Les clients sortent de l’hibernation, ça prendrait donc des photos printanières. À partir d’avril, ma carrière peut fleurir. L’appareil au cou, je redécouvre les bouts de gazon qui sortent de la neige. 

Arrivera rapidement l’été et la chaleur. Le pmarathon de la photographie extérieure. Quelques annulations de gens qui préféraient être au bord de la piscine, mais généralement une grosse saison. On ne parlera pas des semaines de la construction et de la paie de vacances à flamber. La photographe est parfaite pour ça! 

Puis BANG. Après quelques semaines d’été, il y a quelques bruits de criquets dans ma boîte de courriels. Comme si l’été avait tout stoppé. Comment profiter des vacances si je n’ai plus rien qui m’attends en septembre? Et si je n’arrivais pas à rembourser ces semaines de vacances sur la carte de crédit très estivale? 

L’automne arrivera bien assez rapidement avec ses couleurs, sa rentrée et les cartes de Noël. En 2 semaines de rentrée… PAF! Le blanc du calendrier sera devenu bien noir. Du charbon imbibé au papier. Comme si ce vide n’avait jamais existé. Comme si tout ce stress était futile. 

Me voilà prête à affronter septembre. Un mois incroyablement rempli de mandats corporatifs et de marketing, mais aussi en photographie. 

Je vais finir par me dompter. Après combien d’années on comprend ça?

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